Pour sa première édition annuelle, Le Mans Classic Legend se réservait aux modèles de 1972 à 2020. Un changement radical et un pari osé pour cet événement monstre qui n’a rien perdu de son caractère exceptionnel.
Le convoyage des Groupe C depuis les paddocks jusqu’à la prégrille est déjà un spectacle en soit.
Dans le monde du véhicule d’époque aussi la roue tourne : alors que le phénomène automobile est désormais âgé de plus de 130 ans, le nombre de modèles éligibles à la collection augmente continuellement, à mesure que de nouvelles générations grossissent les rangs. Le même phénomène touche les courses historiques et en particulier Les 24 Heures du Mans et ses 103 ans d’histoire. Un seul événement biannuel ne suffisait plus à accueillir toutes les générations de compétitrices. Le Mans Classic est donc devenu annuel et se divise en deux périodes : Le Mans Classic Heritage pour les modèles des origines aux années 1970 et Le Mans Classic Legend pour les championnes ultérieures. C’est cette dernière catégorie qui a inauguré la nouvelle formule en 2026, du 2 au 5 juillet. L’événement a-t-il pour autant perdu son âme ? Certes, il ne représentait plus cette corne d’abondance du véhicule de collection, où toutes les périodes se mélangeaient, sur la piste et dans les allées des clubs. Les chiffres s’affolaient d’ailleurs moins : près de 160 000 visiteurs ont été comptabilisés, 3 200 véhicules d’époque ont été exposées et 350 voitures ont roulé sur la piste contre 238 000 visiteurs, 9 200 véhicules et 800 bolides sur le circuit en 2025. Cela demeure néanmoins exceptionnel pour une course historique et cela donnait au visiteur une petite chance de « tout voir », ce qui était devenu impossible lors des éditions précédentes.
Gros succès pour le plateau Nascar, invité exceptionnel de cette édition 2026.
Des plateaux rajeunis
Il y avait en effet toujours beaucoup à voir et à entendre lors de cette première édition Legend et ses cinq plateaux principaux au cœur du rendez-vous, dont la plupart était inédits dans ce format « course » classique. Le 6 intégrait les protos de 1972 à 1981 et GT de 1975 à 1984, le 7 était réservé aux Groupes C de 1982 à 1993, le 8 aux protos et GT de 1994 à 1999, le 9 aux protos de 2000 à 2005 et GT de 2000 à 2010 et enfin le 10 aux LMP1 de 2006 à 2012, LMP2 de 2006 à 2015 et GTE de 2011 à 2020. Une couleur résolument « youngtimers », même si l’ambiance des grandes années du Mans était bien reconstituée. Le plateau 6 donnait ainsi la part belle aux spectaculaires Porsche 934, 935, Ferrari 512 BBLM ou BMW M1. Gros spectacle également sur le plateau 8 qui intégrait non pas une mais deux McLaren F1 GTR ainsi que les bestiales Porsche 993 GT2 et Dodge Viper : une expérience sonore inoubliable pour les spectateurs !
Les organisateurs Peter Auto et l’ACO ont ajouté à ce programme des courses support hautes en couleurs. A la traditionnelle Porsche Classic Cup s’ajoutait en effet la Berlinetta Challenge réservée aux Ferrari à moteur V8 central arrière en version piste, depuis la 348 jusqu’à la F430 : un plateau qui voyait rouge ! A l’applaudimètre cependant, les Nascar ont remporté la mise avec leurs carrosseries multicolores et leur V8 en furie, une belle manière de fêter les 250 ans des Etats-Unis à la date exactement anniversaire. Une présence pas si incongrue qu’il n’y paraît puisque cette discipline ô combien américaine a fait plusieurs apparitions aux 24 Heures, en particulier lors de l’édition 1976.
Préparatifs pour la session de nuit du plateau 6 sur cette Porsche 935 K3 de 1979 qui reçoit des projecteurs additionnels, dont le montage est tout sauf « plug and play ».
Porsche 917 et McLaren à l’honneur
La tradition des parades chère à l’événement a bien entendu été reconduite avec en premier lieu celle réservée aux Porsche 917 avec six exemplaires qui ont retrouvé la piste : parmi elles, la longue queue « psychédélique » ex Gérard Larousse deuxième aux 24 Heures du Mans 1970, la 917 n°8 de 1968 transformée en 917K en 1970, la N°14 Gulf victorieuse aux 1 000 km de Spa en 1970 ou encore l’un des exemplaires ayant tourné dans le film Le Mans de Steeve McQueen. Autre point d’orgue, la parade de l’authentique Mazda 787B victorieuse en 1991. Une voiture qui crée l’événement partout où elle est exposée : déjà présente à Rétromobile cette année, elle faisait entendre au Mans Classic les hululements de son quadrirotor, sans doute l’un des moments les plus attendus par le public. Autre exposition et parade à la démesure du Mans Classic, celle consacrée à l’ingénieur sud-africain Gordon Murray, légende de la Formule 1 et créateur de la fameuse McLaren F1. Il serait vulgaire d’évoquer le montant astronomique totalisé par les 14 voitures exposées mais on y comptait bien entendu ses Formule 1 les plus innovantes dont la McLaren MP4/5B de Gerard Berger, coéquipier d’Ayrton Senna en 1990 après le départ d’Alain Prost. Trois McLaren F1 était également présentées ce qui porte le total des exemplaires présents lors du week-end à cinq, une part non négligeable de la production totale de 106 exemplaires de la mythique supercar…
La 917 reconstruite par le pilote David Piper à partir de pièces d’origine revêt bien entendu sa célèbre couleur verte fétiche.
La FFVE au Mans Classic Legend 2026
La FFVE était bien entendu présente sur place grâce à son stand où ses bénévoles ont reçu le public durant les quatre jours pour répondre à ses questions. Elle a profité de l’événement pour organiser une visite guidée proposée aux élèves et professeurs du CQP Mécanicien réparateur de véhicules anciens et historiques du Centre de Formation d’Apprentis du Mans. Une opportunité unique pour eux de se confronter au monde du véhicule d’époque et de côtoyer les mécaniciens expérimentés des voitures de course historiques. Enfin, de nombreux professionnels et clubs adhérents étaient également présents durant tout le week-end. Rendez-vous l’année prochaine du 1er au 4 juillet pour la version Heritage de Le Mans Classic, qui sera là encore, une première !
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- L’exposition consacrée à la Porsche 917 qui a marqué à tout jamais l’Endurance au début des années 1970. Au premier plan l’exemplaire victorieux aux 1000 km de Spa 1970.
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- Choses vues au Mans Classic Legend : le convoyage d’une Porsche 962C aux couleurs de la marque japonaise Italya Sports devant une Ferrari F40 et une armée d’Alpine…
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- Composée en grande majorité d’anciens mécaniciens du pilote constructeur victorieux en 1980, l’association Jean Rondeau fait rouler au Mans Classic ce modèle M382 de 1982.
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- Parmi les Formule 1 de Gordon Murray présentées au Mans Classic, cette McLaren MP4/5B conçue avec Neil Oatley, championne en 1990.
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- Deux McLaren F1 GTR pour l’exposition et la parade Gordon Murray dont celle décorée par César pour l’édition 1995 des 24 Heures.
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- La FFVE a organisé une visite guidée de Le Mans Classic Legend pour les élèves et les professeurs du CQP Mécanicien réparateur de véhicules anciens et historiques du Centre de Formation d’Apprentis du Mans.
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- Existe-t-il carrosserie plus bestiale que celle de la Porsche 935 K3 ? Celle-ci, malgré sa livrée américaine, a participé trois fois aux 24 Heures en 1977, 1980 et 1982, où elle a terminé cinquième au général.
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- L’un des lots phares de la vente aux enchères d’Artcurial Motorcars, cette Porsche 906 de 1967, une des dernières produites, estimée entre 1,8 et 2,4 millions d’euros.
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- Serrage de boulon de roue en sens anti-horaire pour cette McLaren F1 GTR ayant remporté de nombreuses victoires dans le championnat d’endurance japonais JGTC. Admirez la taille de la clé dynamométrique !
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- Les véhicules d’avant 1972 n’étaient pas exclus de cette édition du Mans Classic, les navettes étant toujours assurées par les 2CV, Volkswagen Combi et camions Dodge WC comme celui-ci.
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- Comme l’an dernier, une exposition de motos de course emblématique était proposée par Spirit of Speed. Ici, une Norton Manx GP 350 de 1954.
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- Une exposition de youngtimers sportives emblématiques était de mise, avec notamment cette Mercedes 190 2.5 16 soupapes Evolution 2.
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