Maxime Vaugelade, 35 ans, a repris en février 2026 la direction de Touraine Radiateur. Fondée en Indre-et-Loire par Pascal Prot en 1992, il s’agit de la seule entreprise française capable de rénover les radiateurs des véhicules d’avant-guerre, pour lesquels ils jouent un rôle aussi bien esthétique que fonctionnel. Un passage de témoin qui fait écho au programme Transmission des Savoirs de la FFVE mené par Hubert Haberbusch, maître d’art restaurateur de véhicules de collection.
Maxime Vaugelade, Directeur de Touraine Radiateurs
Comment en êtes-vous venu au métier de radiatoriste ?
Maxime Vaugelade : Après un BEP de tourneur fraiseur, je me suis consacré à quelques petits boulots avant de travailler au zoo de Beauval où j’ai appris à souder au Mig et à l’Arc, notamment pour l’entretien des enclos. J’ai entamé une formation dans laquelle je souhaitais me perfectionner à la soudure au Tig et j’ai fait la connaissance de Pascal Prot, alors à la tête de Touraine Radiateur qui m’a recruté comme apprenti, voici dix ans. Depuis, j’ai appris le métier à ses côtés.
Pouvez-vous nous décrire les spécificités du métier ?
Maxime Vaugelade : Nous pouvons traiter n’importe quel type de radiateur mais ce sont ceux des modèles d’avant-guerre qui nécessitent le savoir-faire le plus pointu car il s’agit de leur pièce maîtresse, celle qui permettait de les identifier, jusqu’à ce qu’ils soient protégés par des calandres après-guerre. Cela réclame énormément de minutie, notamment pour reproduire les faisceaux d’époque, multitubulaire ou en nid d’abeille. Il convient de ne sauter aucune étape car le client est très exigeant. Par ailleurs, nous intervenons sur des métaux semi-précieux tels que le cuivre et le laiton dont les températures de soudure sont spécifiques et délicates. Au total, rénover un radiateur peut nous demander jusqu’à 50 heures.
Quel est le projet le plus fou sur lequel vous avez travaillé ?
Maxime Vaugelade : Je pense à ce Renault AG Taxi de la Marne et ses 860 tubes que nous avons dû démonter et rénover un par un. Nous y avons passé plus de 100 heures ! Pour l’anecdote, nous avons même retrouvé dans sa boîte à eau une pièce de monnaie de 1931 très rare.
Existe-t-il encore beaucoup de demande pour ce type de travaux ?
Maxime Vaugelade : Oui, car nous sommes reconnus de plus en plus à l’international et nous ne sommes que trois dans le monde à posséder ce savoir-faire concernant les radiateurs anciens, les deux autres entreprises étant situées en Grande Bretagne et en Nouvelle Zélande. Nous avons des demandes venant de Grèce, des États-Unis et même d’Australie !
Comment s’est déroulé le processus de transmission entre Pascal Prot et vous ?
Maxime Vaugelade : La décision a été prise il y a deux ans. J’ai eu recours à un cabinet de consulting pour toute la démarche, notamment pour la réalisation du business plan. Un soutien précieux qui m’a permis de répondre aux questions que je me posais sur les aspects administratifs et financiers de la démarche. J’ai également bénéficié d’un prêt d’honneur à 0 % dispensé par le réseau Initiative Touraine Val de Loire. Nous avons choisi une transition en douceur : Pascal Prot est encore associé dans l’entreprise et va continuer à y exercer durant un an. Par ailleurs, j’espère déposer un nouveau dossier pour conserver le label d’Entreprise du Patrimoine Vivant que nous avions déjà obtenu en 2020. Enfin, je souhaite à mon tour transmettre notre savoir-faire en recrutant un apprenti dès septembre prochain.
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