Après une 4CV minimaliste, Renault récolte les fruits du retour de la croissance économique avec une Dauphine plus grande, plus joyeuse et féminine. Un succès majeur qui célèbre en 2026 ses 70 ans, déjà !
La couverture d’une brochure Renault Dauphine de 1956
Parmi des voitures de collection toujours plus diverses et nombreuses, la Dauphine n’occupe peut-être plus tout à fait la place qui était la sienne dans les rassemblements. Ses 70 ans sont l’occasion de se remémorer cette petite berline qui a tant compté dans l’histoire de Renault et tout simplement dans celle de notre pays. Avec plus de 2,1 millions d’exemplaires produits, principalement dans l’usine de Flins agrandie pour elle, la Dauphine raconte l’histoire de la renaissance économique de la France d’après-guerre. Elle symbolise par son aspect sympathique, ses couleurs vives et ses finitions recherchées le retour à une certaine insouciance après les années de privation.
Autre brochure de Dauphine, cette fois en 1957. La Dauphine a participé à sa manière à l’émancipation des femmes. Sa première victoire au Tour de Corse est l’œuvre d’un équipage féminin !
Victoires commerciales et sportives
La Dauphine est dévoilée officiellement le 6 mars 1956. Techniquement, l’héritage de la 4CV est évident. Certes, son moteur « Ventoux » de 845 cm3 et 30 ch SAE est inédit mais il est étroitement dérivé du Billancourt et toujours placé à l’arrière. La suite de l’évolution de l’auto est en phase avec une progression constante des performances et de l’équipement de la production automobile, qui devient un produit de consommation de masse.
Sa tenue de route et son freinage font l’objet de soins constants pour corriger l’instabilité naturelle liée à son architecture « tout à l’arrière ». Elle reçoit ainsi la suspension Aérostable conçue par l’ingénieur Grégoire en 1959 puis les freins à disques en 1963. La luxueuse Ondine de 1960 fait valoir ses sièges inclinables, sa sellerie simili cuir et de nombreux chromes. Parallèlement, la petite Renault se construit un véritable destin sportif avec la Gordini en 1957, première Renault retouchée par le « Sorcier » avec son moteur poussé à 38 ch SAE et sa transmission à 4 rapports.
Elle est secondée en 1961 par la redoutable 1093, conçue spécifiquement pour les compétitions grâce à son moteur de 55 ch SAE entièrement préparé, notamment grâce à des pièces Autobleu. La victoire au Monte Carlo 1958 demeure le principal fait d’arme sportif de la petite Renault, même si elle a également remporté les éditions 1956, 1958, 1959 et 1962 du Tour de Corse. Renault attend la fin de 1967 pour mettre fin à la carrière du modèle alors que ses lignes sont devenues totalement anachroniques : on n’arrête pas si facilement un succès.
Rendez-vous à Lohéac et Époqu’Auto Lyon
Les 70 ans de la Dauphine n’ont pas suscité un rassemblement majeur consacré au modèle, mais d’innombrables événements ont déjà rendu hommage à la Renault cette année dans toute la France. Elle était à Rétromobile bien sûr mais aussi à Historic Auto Nantes, tandis que Renault Originals a engagé un exemplaire au Tour Auto en avril. Elle figurait parmi les stars du Losange Passion International à Montlhéry le 27 juin. Les célébrations vont prendre de l’ampleur à la fin de l’année. Elle est au programme de l’Auto Brocante de Lohéac du 4 au 6 octobre et fait l’objet d’une exposition avec la 4CV et la Renault 14 à Château-Thierry le 4 octobre. Enfin, Renault compte exposer à Epoqu’Auto Lyon sept exemplaires issus de ses réserves, en plus de ceux que l’on pourra admirer sur les stands des clubs.
Rédaction © C_P








