La voiture a révolutionné nos modes de vie, imprégné les imaginaires, bouleversé le travail, transfiguré les villes et les campagnes. Un siècle et demi de progrès technique. Voici quelques évènements marquants de l’histoire automobile qui se sont déroulés au mois de septembre :
La Bugatti Veyron : naissance d’une hypercar
Le 3 septembre 2005, la Bugatti Veyron, la première hypercar de l’histoire, est présentée à la presse au Château Saint Jean. Avec son moteur W16 de 8 litres équipé de quatre turbocompresseurs, elle est la première voiture de série à franchir la barre symbolique des 400 km/h. C’est la voiture de tous les superlatifs. Avec cette hypersportive, la renaissance de la marque rejoint l’esprit d’Ettore Bugatti : « Faire de l’ingénierie un art. »
Fruit de plusieurs années de développement, la Veyron repousse les limites de l’automobile de série. Chaque composant est conçu pour résister à des contraintes jusque-là inédites, moteur de plus de 1 000 chevaux, transmission intégrale, boîte à double embrayage et système de refroidissement faisant appel à une dizaine de radiateurs. Même les pneumatiques doivent être développés spécifiquement pour supporter des vitesses extrêmes. Au-delà de ses performances, la Veyron démontre qu’il est possible d’allier une vitesse exceptionnelle au raffinement d’une voiture de grand tourisme. Son habitacle, entièrement réalisé à la main, mêle cuir, aluminium et fibre de carbone dans la plus pure tradition du luxe français.
Au total, 450 exemplaires personnalisés ont quitté l’Atelier Bugatti de Molsheim, chacun étant réalisé selon les souhaits de son propriétaire. Vendue à partir de 1,2 million d’euros hors taxes, elle est devenue l’une des automobiles les plus emblématiques du XXIᵉ siècle.
Présentation officielle d’une Bugatti Veyron devant le Château Saint Jean à Molsheim
Le Circuit des Remparts : la légende au cœur d’Angoulême
Du 18 au 20 septembre 2026, se déroule à Angoulême, la course du Circuit des Remparts, une épreuve légendaire avec son tracé qui n’a pas changé depuis l’origine en 1939. Maurice Trintignant en détient le record absolu, établi en 1949 sur Gordini. Ce circuit urbain serpente au pied des remparts de la vieille ville. Ses épingles, ses virages à angle droit et ses fortes déclivités en font l’un des parcours les plus exigeants d’Europe. Juan Manuel Fangio lui-même le décrivait comme un circuit « acrobatique et curieux », tant il exigeait précision, courage et maîtrise. Au fil des décennies, les plus grands noms de l’automobile, de Raymond Sommer à Stirling Moss, en passant par Henri Pescarolo, Michèle Mouton ou Didier Pironi, ont contribué à entretenir sa légende.
Désormais, chaque année en septembre, plusieurs centaines de véhicules historiques se retrouvent sur ce ruban d’asphalte. Les compétitions sont complétées par un concours d’élégance, des rallyes et des expositions qui transforment toute la ville en un véritable musée vivant de l’automobile. Pendant trois jours, des dizaines de milliers de passionnés viennent admirer des machines d’exception. Le Circuit des Remparts demeure ainsi l’un des très rares événements au monde où des voitures historiques courent encore sur leur tracé d’origine, près de neuf décennies après sa création.
Maurice Trintignant au volant d’une Simca-Gordini lors d’une compétition automobile dans les années 1940-1950.
Lada Classic : la fin d’une icône soviétique
Le 18 septembre 2012 voit la fin d’une légende, la toute dernière Lada Classic sort des chaînes de production. Les Russes l’appelaient Jigouli. Cette voiture, dérivée sous licence de la Fiat 124 de 1966, est devenue le symbole de l’industrie automobile soviétique. Adaptée aux routes dégradées et aux conditions climatiques extrêmes de l’URSS, elle bénéficie d’une garde au sol rehaussée, d’une carrosserie renforcée, de freins arrière à tambours plus résistants au gel et d’une mécanique volontairement simple, capable d’être réparée presque partout.
D’un design toujours rudimentaire, la dernière version affiche une vitesse de pointe de 150 km/h, une radio et un ventilateur pour seuls équipements de confort, tout en restant très éloignée des standards environnementaux et sécuritaires occidentaux. Son prix d’environ 200 000 roubles, soit près de 5 000 euros, demeure son principal atout. Mais la Lada Classic est bien plus qu’une automobile économique. Pendant plus de quarante ans, elle accompagne le quotidien de millions de familles, sillonne les immenses territoires de l’ex-Union soviétique et s’exporte dans plus d’une centaine de pays. En Europe occidentale, elle séduit une clientèle à la recherche d’une voiture simple, robuste et abordable. Au moment où le dernier exemplaire quitte l’usine d’AvtoVAZ à Togliatti, c’est toute une époque qui s’achève. Héritière directe d’un modèle né au cœur de la Guerre froide, la Lada Classic est devenue une véritable icône populaire. Au total, près de 17 millions d’exemplaires de cette famille de modèles auront été produits entre 1970 et 2012, ce qui en fait l’une des automobiles les plus diffusées de l’histoire.
Circulation dense de Lada
Nicolas-Joseph Cugnot : aux origines de l’automobile
Le 25 septembre 1725 naissait Nicolas-Joseph Cugnot, premier homme à concevoir un véhicule capable de se déplacer par ses propres moyens. Son invention est un énorme chariot propulsé par une chaudière qui actionne deux gros pistons faisant tourner l’unique roue avant motrice. L’ensemble pèse près de quatre tonnes. Conçu pour atteindre 15 km/h, le fardier dépasse rarement les 4 km/h et ne peut avancer qu’une quinzaine de minutes avant de devoir refaire sa pression de vapeur.
Imaginé à la demande de l’armée française pour transporter de lourdes pièces d’artillerie sans chevaux, le « fardier à vapeur » constitue une véritable révolution technique. Pour la première fois, un véhicule terrestre n’a plus besoin de la force animale pour avancer. Lors d’un essai réalisé à l’Arsenal de Paris, la machine, difficile à maîtriser en raison du poids concentré sur sa roue avant, termine sa course contre un mur. Cet épisode est souvent présenté comme le premier accident automobile de l’histoire, même si les témoignages contemporains restent incomplets. Malgré ce succès très relatif, Cugnot vient d’ouvrir une voie totalement nouvelle. Son invention démontre qu’un moteur peut assurer seul la propulsion d’un véhicule. Un siècle plus tard, les ingénieurs perfectionneront ce principe sur les locomotives à vapeur, puis sur les premiers véhicules routiers. Aujourd’hui encore, le fardier original, précieusement conservé au Musée des Arts et Métiers à Paris, demeure l’un des objets les plus emblématiques de l’histoire mondiale de l’automobile.
Représentation historique du Fardier de Cugnot (1769)
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Source : Memocar




