Michèle Mouton reste encore à ce jour la femme la plus titrée d’une discipline phare du sport automobile mondial. Un palmarès construit à une période où les grands champions masculins ne manquaient pas. Mais sur quelles autos a-t-elle construit sa gloire ?
Michèle Mouton et Fabrizia Pons réunies lors d’un événement Audi en 2025. ©Audi AG
La période dite du Groupe B du Championnat du monde des rallyes reste l’une des plus légendaires de l’histoire. En premier lieu parce que son règlement était particulièrement libéral, ce qui a conduit à une bataille homérique entre de très nombreux constructeurs et en particulier quatre d’entre eux : Audi, Lancia, Opel et Peugeot, qui se sont partagés les titres de Champion du monde constructeur entre 1982 et 1986. Cet affrontement a conduit à l’introduction de deux innovations majeures en rallye : le turbo et la transmission intégrale. Il a également généré un intérêt de la part du grand public hors du commun. Ce dernier était matérialisé par la venue d’immenses foules sur les étapes des rallyes, parfois au mépris de la sécurité.
C’est à cette époque ivre de vitesse et de risque que Michèle Mouton s’est distinguée. Elle est passée à deux doigts de devenir la première femme Championne du monde des rallyes en 1982, après avoir remporté trois rallyes avec sa copilote Fabrizia Pons. Non seulement la pilote française a marqué l’histoire en rivalisant avec les plus grands pilotes masculins, mais ses victoires ont été obtenues durant cette phase mythique de sa discipline. Le sommet d’une carrière glorieuse construite à partir de 1974 au volant de très nombreuses montures : en voici les principales.
L’Alpine A110
C’est à bord d’une Alpine A110 que Michèle Mouton fait ses premières armes en 1974. Après quelques expériences de copilote, son père lui finance une saison en Berlinette 1600, une des armes absolues du moment. L’A110 a en effet remporté le Championnat du monde des rallyes 1973. Elle s’illustre suffisamment à son volant pour attirer des sponsors durant les saisons suivantes. Au volant d’une autre A110, cette fois dotée du moteur 1800, elle remporte notamment la Coupe des Dames au Monte Carlo 1976. S’en suivent de nombreuses victoires de classe grâce au soutien d’Alpine, d’Esso ou encore d’Elf.
C’est avec l’Alpine A110 que Michèle Mouton a obtenu ses premiers classements significatifs. ©Alpine
L’Autobianchi A112 Abarth
L’intérêt publicitaire d’engager Michèle Mouton au Rallye Monte Carlo au volant de l’une de ses A112 Abarth ne pouvait échapper à l’illustre importateur d’Autobianchi en France, André Chardonnet. Elle finit à la 24ème place du classement de l’édition 1977, un joli score pour une si petite cylindrée. Équipée d’un petit 1050 cm3 de 85 ch, l’éternelle concurrente de la Mini profite des mêmes qualités sur la neige.
La Lancia Stratos
Après sa jolie performance en 1977, Michèle Mouton est à nouveau engagée dans l’équipe Chardonnet en 1978. Mais cette fois avec une monture beaucoup plus sérieuse : la Lancia Stratos. Première voiture conçue spécifiquement pour le rallye, la Stratos à moteur V6 Ferrari en position central arrière avait été championne du monde en 1974, 1975 et 1976. La Française termine septième au général avec pour copilote Françoise Conconi.
Même si elle a bien existé en version de série, la Stratos a été avant tout conçue pour gagner en rallye. Michèle Mouton a obtenu une septième place au Monte Carlo 1978 à son volant.
La Fiat 131 Abarth
Toujours le groupe Fiat, mais cette fois une voiture à moteur avant. Michèle Mouton est intégrée à part entière dans l’équipe d’un constructeur. Brutale et lourde, la 131 Abarth, équipée d’un brillant quatre cylindres 2.0, a remporté trois titres de Championnat du monde constructeur en 1977, 1978 et 1980. À son volant, Michèle Mouton empoche sa première victoire de grande ampleur au Tour de France 1978. Cela lui permet d’accéder à la notoriété nationale et internationale. Elle remporte l’année suivant le Lyon-Charbonnières et de nombreux podiums du Championnat de France. Elle devient ainsi vice-championne en 1979.
Brutale et lourde, la 131 Abarth était tout de même une redoutable compétitrice et la première voiture officielle au volant de laquelle Michèle Mouton a été engagée durant deux saison.
L’Audi Quattro Groupe B
C’est bien entendu l’Audi Quattro Groupe B qui est le plus souvent associée à Michèle Mouton. Présentée en 1980, ce coupé introduisait en Europe pour la première fois la transmission intégrale sur une voiture de route. Michèle Mouton est engagée par Audi dès la première saison de la Quattro en Championnat du monde des rallyes en 1981, avec sa copilote italienne Fabrizia Pons. La voiture a démontré l’intérêt de sa technologie dès ses débuts mais a connu de nombreux problèmes de fiabilité.
Michèle Mouton remporte pour la première fois un rallye du Championnat du monde, celui du San Remo, mais aussi plusieurs épreuves françaises. Une victoire qui fut aussi la première de la Quattro ! L’année suivante, elle confirme avec trois premières places au Portugal, en Grèce et au Brésil. Elle termine ainsi à la deuxième place du Championnat du monde. Les deux années suivantes furent plus difficiles, mais Michèle Mouton s’illustre à nouveau aux États-Unis au volant d’une Sport Quattro engagée à la course de côte Pikes Peaks en 1985 : une nouvelle victoire, au nez et à la barbe des Américains.
Michèle Mouton au volant de l’Audi Quattro au volant de laquelle elle est devenue vice-championne du monde. ©Audi AG
La Peugeot 205 T16
En 1986, Michèle Mouton a été recrutée par Peugeot Allemagne avec pour monture la 205 T16 qui a permis à Peugeot de remporter le titre mondial constructeur en 1985 et 1986. Une auto compacte, profondément transformée par rapport au modèle de série avec son moteur central arrière suralimenté et sa transmission intégrale. Engagée d’abord pour le Championnat national allemand, Michèle Mouton a également participé à deux courses du Championnat du monde. Si elle n’a pas remporté de victoire lors de ces dernières, elle est bien devenue la première femme championne d’Allemagne à la fin de la saison !
Une 205 T16 semblable à celle de Michèle Mouton exposée au Musée de L’Aventure Peugeot.







