Un siècle de Citroën B14

Mai 11, 2026 | Actualités, Histoire automobile

Dans l’évolution des Citroën des années 1920, la B14 présentée en 1926 représente un jalon important, moins par sa carrosserie tout acier quasiment identique à celle des dernières 10 HP que par ses évolutions techniques, qui en font une auto plus facile à conduire.

Citroën B14 «G » à l’ancien conservatoire Citroën d’Aulnay

Citroën B14 «G » reconnaissable à sa partie arrière arrondie vue à l’ancien conservatoire Citroën d’Aulnay. © CP

Si l’historique des Citroën à partir de la Traction est très connu des amateurs, on ne peut pas en dire autant des premiers modèles des années 20, qui tombent de plus en plus dans l’oubli, à l’exception peut-être de la sympathique 5 HP. Ils représentent pourtant l’histoire passionnante de modèles en avance sur le temps. Ils ont certes pour la postérité l’inconvénient d’une carrosserie dans le ton d’une époque où l’on pouvait réellement affirmer que toutes les voitures se ressemblaient. Présentée au Salon de Paris 1926, la B14 prend la suite des 10 HP puis B12 qui avaient introduit le principe révolutionnaire de la carrosserie tout acier, dont les panneaux ne reposaient plus sur des structures en bois comme sur la quasi intégralité de la production de l’époque. C’est pourquoi la nouvelle auto en reprend largement les lignes, contraintes par les machines outil achetées par André Citroën aux Etats-Unis : la B14 ne se reconnaît qu’a sa nouvelle calandre plate. Hormis la carrosserie conduite intérieure, elle est déclinée en douze carrosseries dont quatre torpedo, un coupé de ville et un taxi Landaulet. Un coach deux portes est même envisagé mais ne passe pas le cap de la série.

Publicité Citroën réalisée par l’illustrateur Roger de Valerio à propos du Cabriolet 2 places B14

Publicité Citroën réalisée par l’illustrateur Roger de Valerio à propos du Cabriolet 2 places B14. © DR

Un modèle constamment amélioré

La B14 adopte un châssis allégé par rapport à celui de la B12, un moteur de 22 ch à la cylindrée augmentée de 1452 cm3 à 1538 cm3 ce qui lui permet de gagner en souplesse, tandis que la suspension est largement remaniée grâce à l’adoption de quatre lames semi elliptiques dont celles du train arrière sont montées en oblique. L’auto bénéficie d’un freinage au pied agissant sur les quatre roues (déjà vu sur les dernières B12), une direction plus douce et un réservoir plus grand. Autant de caractéristiques qui profitent à sa facilité de conduite, largement promue par Citroën qui met en scène systématiquement sa nouveauté avec des mannequins femmes, manière à l’époque d’illustrer la facilité de conduite. Elle progresse encore dès mars 1927 avec l’introduction d’améliorations sur la B14 F encore plus significatives : le montage d’un freinage assisté par un servo Westinghouse à dépression, un châssis plus robuste et un nouveau traitement des cylindres (procédé du dudgeonnage) afin de renforcer sa robustesse. L’évolution du modèle ne cesse d’ailleurs jamais puisque ces B14 F deviennent G dès la fin 1927 : la carrosserie de la conduite intérieure est remaniée dans sa partie arrière devenue plus arrondie tandis qu’une carrosserie quatre glaces est ajoutée au catalogue avec d’autres nouvelles déclinaisons. Enfin, à l’été 1928, le capot acquiert des fentes sur toute sa longueur. La B14 est remplacée fin 1928 par la C4. Moderne, confortable et relativement performante pour l’époque, la B14 poursuit le chemin de l’industrialisation imaginé par Citroën, qui lui permet notamment de baisser nettement ses prix en cours de carrière. L’une des raisons de son succès qui lui permet d’être écoulée à 127 600 exemplaires en deux ans : un chiffre plus que respectable à une époque où beaucoup de constructeurs automobiles produisent encore à l’unité.

Châssis de la B14

Le châssis de la B14, remarquez l’implantation des lames arrière. © Omnia

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