Avant d’être transformé en circuit permanent de taille plus réduite, le tracé de Charade évoluait sur quatre kilomètres supplémentaires de départementales. En restaurant certaines de ses infrastructures, l’association Agissons pour Charade sauvegarde une part glorieuse de l’histoire de la course française. Nous avons interviewé Jean-Paul Taillandier, son vice-Président.
Jean-Paul Taillandier, Vice-Président de l’association Agissons pour Charade, à l’écoute dans le poste de secours recréé en 2025 sur le site du circuit.
Comment est née l’association Agissons pour Charade ?
Jean-Paul Taillandier : Avant toute chose je souhaiterais rappeler que le circuit de Charade, utilisant comme il était de coutume à l’époque des routes départementales habituellement ouvertes à la circulation, a été créé en 1958 et a accueilli plusieurs Grands-Prix de France de F1 et des Grand-Prix de Motos. Raccourci d’environ 4 km et transformé en circuit permanent en 1988, il appartient toujours au Département du Puy-de-Dôme même si sa gestion a été confiée à un prestataire privé. Agissons pour Charade a été créé en 2008 pour faire contrepoids à une association des riverains qui souhaitait le faire disparaître. Depuis, nous avons recentré notre action sur la sauvegarde des vestiges du « grand circuit » d’origine. Cette démarche nous a en partie été inspirée par celle des Amis du circuit de Reims-Gueux qui restaurent ce site contemporain du notre depuis 2007. A ce titre, nous avons naturellement assisté à l’inauguration de la plaque de lieux d’histoire FFVE inaugurée dans l’enceinte du circuit actuel en septembre 2025. C’était une excellente idée ! Le « grand circuit » a par ailleurs déjà été réouvert pour le Charade Supershow en 2023.
Vue des deux tracés du circuit : celui de 1958 et l’actuel.
Quels vestiges avez-vous pu sauvegarder à ce jour ?
Jean-Paul Taillandier : Notre première action a été de faire repeindre le mur de soutènement décoré de logos BP a l’entrée du circuit actuel. Nous avons souhaité également recréer les bornes de secours avec logos Shell qui abritaient des téléphones filaires à manivelle. Une douzaine étaient réparties sur l’ensemble du tracé. L’idée première était d’en faire rénover une seule, mais le soutien du Département nous a permis de lancer un projet de plus grande ampleur. Par son entremise, nous avons pu nouer un partenariat avec le lycée professionnel spécialisé dans les travaux publics Pierre Caraminot d’Égletons en Corrèze, qui a fait de ce projet un « chef d’œuvre » sanctionnant la formation de ses étudiants. Sur le modèle d’une borne d’origine que nous avons retrouvée, cachée et protégée par la végétation, ils ont réalisé les plans des postes et créé des moules pour les reproduire. C’est un sacré travail puisque chacun d’entre eux pèse 600 kg ! L’objectif est donc de réaliser les 12 qui existaient, dont 6 ont déjà été livrés et un premier déjà installé. Dans la partie qui recevait le téléphone à manivelle, nous avons fait réaliser des plaques avec un QR code attaché afin d’expliquer notre action. Il s’agit réellement d’une réalisation collective : le Département s’est chargé du transport et de l’installation, notre association a financé les matériaux tandis que l’entreprise Unikalo nous a fait don de la peinture nécessaire.
Quels sont vos projets pour 2026 ?
Jean-Paul Taillandier : En 2026 nous espérons installer les 11 postes restants. Nous planchons également sur un projet de parcours ludique avec le Conseil Départemental des Jeunes du Puy-de-Dôme. Nous avons bien sûr beaucoup d’autres idées, parmi lesquelles la recréation des trois passerelles qui enjambaient le circuit pour permettre au public de le traverser. Nous avons élaboré un projet de résurrection de l’ancienne courbe de Manson à l’intérieur du rond-point de l’entrée du circuit avec sa passerelle. Bien entendu, tout dépend des budgets, même si l’association finance une grande partie de ses actions en vendant des T-Shirt et des casquettes !
Le poste de secours vu dans l’autre sens avec ses décors Shell réalisés par les élèves du lycée d’Égletons.




