Vous le connaissiez dans la sellerie des voitures de luxe mais saviez-vous que ce matériau a également été utilisé en mécanique et même en carrosserie ? Retour sur 130 ans d’usage du cuir dans l’automobile.
Lors des premiers âges de l’automobile, le cuir est omniprésent, pour la sellerie bien sûr mais aussi pour les sangles de la roue se de secours, les embrayages, les joints d’étanchéité… © Camille Pinet
Héritière en ligne directe des attelages hippomobiles, l’automobile en a naturellement repris dès l’origine les mêmes usages du cuir, à commencer par celui de la sellerie. Produit en masse, ce matériau pouvait même apparaître assez commun à l’origine car il fut longtemps le seul à se montrer assez résistant pour supporter les intempéries auxquelles étaient soumises les premières voitures ouvertes. Ce matériau n’a d’ailleurs pas toujours été synonyme de luxe : au contraire, certains modèles de prestige, notamment certains coupés chauffeur, lui préféraient des étoffes jugées plus luxueuses pour le compartiment réservé aux passagers, alors que le conducteur s’asseyait sur du cuir. C’est le cas par exemple de la Bugatti Royale Coupé Napoléon de la Collection Schlumpf à Mulhouse.
Du cuir animal au cuir de pétrole
Pour se distinguer du trop commun cuir de bovidé, certains carrossiers comme Saoutchik ont eu recours dans les années 1920 et 1930 à des peaux très exotiques comme le lézard ou le crocodile. Avec l’avènement de la production de masse et des conduites intérieures protégées des éléments, l’automobile s’est cependant détournée du cuir animal, trop cher à produire, au profit du tissu et du cuir synthétique, inventé dès le XIXème siècle et utilisé dans l’industrie dès les années 1920. Un matériau fruit de procédés végétaux avant l’avènement de revêtements issus du pétrole comme le fameux Skaï, inventé dans les années 1960.
La rareté faisant la noblesse, le cuir animal est alors devenu un incontournable du luxe automobile jusqu’à aujourd’hui, même si les préoccupations animalistes et environnementales remettent de plus en plus en cause son règne. Le cuir automobile connaît ses grands noms, à commencer par l’entreprise britannique Connolly fondée en 1878, fournisseur de Ferrari, Rolls-Royce ou Bentley mais aussi Poltrona Frau en Italie, connu notamment pour ses collaborations avec Bugatti, Maserati et Lancia. Intemporel et organique, ce matériau peut aujourd’hui être reproduit à l’identique par les selliers, ce que ne permettent pas les tissus, dont les imprimés et les façons d’origine ont souvent disparu.
Sellerie cuir à l’avant pour le chauffeur exposé aux éléments mais tissu à l’arrière pour cette Renault de 1914 ayant transporté le Général Joffre. © Camille Pinet
Un usage en mécanique et en carrosserie
Si l’usage du cuir pour la sellerie automobile est très connu, il a également été largement employé pour d’autres applications lors du premier demi-siècle de l’automobile. Il servait ainsi de matériau de friction pour les premiers embrayages à cônes, majoritaires jusque dans les années 20, lorsque de nouveaux matériaux de friction beaucoup plus efficaces ont permis l’avènement de l’embrayage à disque, beaucoup plus compact. Il a également été utilisé pour réaliser des courroies de transmission, des joints d’étanchéité ou encore les sangles de fermeture de capot.
En carrosserie, le cuir fut longtemps privilégié pour réaliser des pare-boues, des capotes et bien entendu les malles de voyages, essentielles à une époque où les carrosseries ne comportaient pas de coffres fermés. Même s’il s’agissait de cuir synthétique, le fameux procédé du carrossier Weymann l’utilisait carrément comme élément de carrosserie, tendu sur de légers châssis de bois. Bref, le cuir reste indissociable de l’histoire de l’automobile et continue à faire le bonheur de nombreux collectionneurs grâce à la puissance de son odeur et son toucher sans égal. Longue vie au cuir et à ceux qui le travaillent !
Retrouvez la publication FFVE sur la restauration de véhicules de collection réalisée avec l’Institut pour les Savoir-faire Français
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- Remarquez l’usage du cuir, probablement d’autruche, utilisé pour habiller la planche de bord de cette Mercedes 500 K de 1934 d’origine présentée à Rétromobile en 2025.
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- Le cuir refait à neuf de cette exceptionnelle Rolls-Royce Silver Ghost « London Edinburgh » de 1913 présentée à Rétromobile en 2025.
© Camille Pinet





