Aujourd’hui, les publicités automobiles vantent les aides à la conduite et la capacité des batteries. Qu’en était-il voici un siècle, en 1926 ? Petit florilège des annonces de presse de cette année-là.
La publicité fait partie de l’histoire de l’automobile depuis les débuts. Nous avons même fêté en 2025 le centenaire de l’illumination de la Tour Eiffel par Citroën. La promotion était d’autant plus cruciale au début de cette industrie que le nombre de constructeurs était important. Qui plus est, la notoriété de la plupart des marques, même les plus grandes, était encore à construire. A l’époque, elle passe essentiellement par des annonces de presse. Elles étaient très nombreuses dans la première partie des numéros d’Omnia, l’un des principaux périodiques spécialisés de ces années-là, dont nous avons extrait les « réclames » de cet article.
Le règne de l’endurance
En 1926, la robustesse et la solidité des automobiles apparaît comme l’un des principaux critères à vanter dans les publicités, grâce à des épreuves considérées comme indiscutables. Lorraine et Dietrich ne cesse ainsi de rappeler au fil des numéros sa victoire le 21 juin 1925 à ce qui s’appelle encore « le Concours d’Endurance du Mans » lors duquel sa 15 CV a parcouru « en 24 heures la distance formidable de 2.234 km ». Victoire que la marque répète d’ailleurs lors de l’édition 2026 de ce qui deviendra bien sûr les 24 Heures du Mans. Panhard choisit plutôt le record officiel : « Le 31 août 1925, à l’autodrome de Linas-Montlhéry, Monsieur Ortmans sur sa 20 CV Sport Panhard ramène en France 5 records du monde et parcourt 185 kilomètres 773 dans l’heure ». Rappelons que l’autodrome en question avait été inauguré à peine un an auparavant. Renault cherche quant à lui la crédibilité sur route mais aussi dans les airs, en mettant en parallèle le record du monde aérien de distance sans escale réalisé par un Breguet à moteur Renault le 3 février 1925 et la traversée de l’Afrique Oran le Cap de 23 000 km réalisée en 10 CV à six roues en novembre 1925. Le constructeur Mathis préfère l’épreuve de la route de tous les jours en illustrant « L’exploit sans précédent » de sa 10 CV qui a parcouru 30 000 km en 30 jours consécutifs « sous le contrôle de l’Automobile Club de France ».
La liberté des années folles
L’esprit des années folles et les débuts de l’émancipation féminine se manifeste de manière inattendue dans une publicité Berliet : « Les nécessités de la vie moderne vous obligent Madame, à savoir conduire. Pour vous a été créée la 7CV Berliet, voiture de ville idéale, légère, élégante très maniable et d’un entretien facile et peu coûteux ». Chez Citroën on met en avant la carrosserie tout acier introduite sur la 10 HP. Etonnamment, ce n’est pas seulement la solidité qui est utilisée comme argument mais la visibilité périphérique permise par les fins montants. On s’amuse enfin de la publicité Alfa Romeo en faveur de sa nouvelle 1500 six cylindres, « pour la ville, le tourisme et le sport », illustrée par une esquisse de coupé chauffeur très peu réaliste : la carrosserie n’est pas encore l’affaire des constructeurs de luxe. Néanmoins la mention des victoires de la marque aux grands prix d’Europe et d’Italie 1924 redonne de la crédibilité au propos. Enfin, les fréquentes interventions mécaniques auxquelles sont astreints les conducteurs de ces temps transparaissent en creux dans cette annonce du fabricant de carburateur Zénith : « vous goûterez mieux le charme du paysage si le carburateur Zenith vous dégage de tous les soucis de conduite de votre voiture ». Dotée de moins de moyens, le constructeur de moto Ratier promeut dans un petit encart la sobriété et les performances de son petit modèle automobile très prometteur à moteur 750 cm3, qui s’apprête à remporter de nombreuses victoires de classe. Goûtons enfin cette promotion d’une auto déjà très éprouvée en 1926, mais titulaire d’un record de production qui tient durant de nombreuses décennies : la Ford T et ses 13 millions d’exemplaires déjà produits.













