L’administration n’a pas attendu longtemps avant d’obliger les propriétaires à détenir un certificat administratif attestant de la propriété de leur véhicule. La fameuse carte grise a même précédé en France le système d’immatriculation. Petit historique des origines jusqu’aux années 2000, réalisé avec le concours de l’association membre de la FFVE, Francoplaque.
Un récépissé d’immatriculation de 1903 qui comprend déjà un numéro d’immatriculation.© Francoplaque.fr
« Les papiers du véhicule s’il vous plaît ». L’expression apparaît presque aussi ancienne que l’automobile elle-même puisque le récépissé de déclaration de véhicule à moteur, l’ancêtre de la « carte grise » qui ne porte d’ailleurs jamais officiellement ce nom, est édité par les services de l’Etat en France à partir de 1899. Ce document de format vertical permet alors de matérialiser que le véhicule est déclaré, peut être contrôlé et circuler. Complété à la main par les fonctionnaires, il comprend dès l’origine le nom du propriétaire, du constructeur, du type de l’automobile, le numéro de série et la préfecture dans laquelle le document avait été délivré.
Ce n’est qu’en 1901 qu’un système d’immatriculation a été mis en place et que le numéro a été ajouté au document. Ce premier système répertorie les automobiles par arrondissement des Mines, suite à une opération de contrôle de toutes les automobiles en circulation qu’elles ont réalisée en 1899. Ce sont elles qui déterminent les numéros de plaques… minéralogiques en fonction de leurs arrondissements de juridiction. Par exemple les numéros de série suivis de la lettre F désignent les véhicules immatriculés dans cinq départements autour de Clermont-Ferrand appartenant à l’un de ces fameux arrondissements, dont le découpage évolue à plusieurs reprises jusqu’en 1928.
En 1955, le récépissé a déjà une toute autre allure, et intègre bien sûr le nouveau système d’immatriculation qui a tant marqué les mémoires françaises ©Francoplaque.fr
La révolution de 1950
Le document qui porte toujours le nom de récépissé de déclaration n’évolue plus de manière significative jusqu’en 1950, date de l’instauration d’un tout nouveau système d’immatriculation qui a marqué durablement les esprits avec le fameux numéro de département indiqué en bout de plaque. Le document passe alors à un format horizontal et quelques informations s’ajoutent peu à peu : le poids total autorisé en charge, le poids à vide et la charge utile, le carburant, le nombre de places assises, la date de première mise en circulation et l’immatriculation précédente. Un premier modèle lancé en 1950 est vite remplacé vers 1955. L’emploi systématique de la machine à écrire augmente sa lisibilité.
Une nouvelle évolution importante intervient vers 1965, même si le format n’évolue pas de manière significative : en premier lieu, le cadrage de tous les emplacements ad hoc et l’emploi systématique d’un papier sécurisé par le sceau de la République. C’est à cette période que le document acquiert le nom de Certificat d’Immatriculation… mais toujours pas celui de carte grise ! Une transformation importante intervient durant les années 70 avec le retour d’un format vertical afin de libérer la place en bas du document pour indiquer les visites périodiques. L’administration a fait preuve ici de clairvoyance, puisque l’obligation de contrôle technique n’a commencé à se matérialiser en France qu’en 1985 pour les cessions de véhicules. Ce type de certificat est introduit d’abord en Île-de-France avant d’être étendu sur tout le territoire au début de la décennie 1980. Le dernier changement important avant l’instauration du format européen intervient en 1993, suite à la mise en place du Fichier National des Immatriculations. Le papier devient gris bleuté, reçoit une impression technique ainsi qu’un hologramme en bas pour le rendre infalsifiable, tandis qu’apparaît un coin à découper dans son coin supérieur gauche en cas de cession. Ce format est le dernier avant l’apparition de la carte grise « européenne » au début des années 2004.
La standardisation est à l’œuvre durant les années 60 comme en témoigne ce certificat de 1969.©Francoplaque.fr
L’association Francoplaque
Très connue des amateurs de datation de plaques grâce à son site https://francoplaque.fr/, l’association membre de la FFVE Francoplaque existe sous sa forme actuelle depuis 1999. Elle réunit 250 collectionneurs de plaques francophones et passionnés du sujet. Observation d’immatriculation, photos et recherche par rapport à l’histoire des plaques constituent l’essentiel de ses activités, qui ne se limitent pas au cas français : le site comprend notamment une histoire très détaillée des plaques belges et des photos de plaques du monde entier.
Une Chenard & Walcker immatriculée dans le Rhône en 1929.©Francoplaque.fr




