En 2026, Norev célèbre les 80 ans de sa création par les frères Veron, qui lui ont donné leur nom sous forme d’anagramme. Très populaire durant les années 50 grâce à ses modèles en plastique, la marque a perduré jusqu’à aujourd’hui dans la région lyonnaise où elle est née.
Toujours disponible aujourd’hui, la miniature de SM au 1/18 avait marqué les esprits à son lancement au début des années 2010. © Norev
Dans tout collectionneur d’automobile, il subsiste un enfant qui a joué avec des voitures miniatures… et qui continuent parfois à les collectionner, l’âge adulte venu. En France, la marque Norev est celle qui a contribué depuis le plus longtemps à cette passion puisqu’elle a existé sans discontinuer depuis 1946. Cette manufacture de la région lyonnaise a commencé son activité en produisant des jouets sans rapport avec l’automobile mais déjà dans le matériau qui a fait sa réputation, la Rhodialite, un plastique teinté dans la masse produit par Rhône Poulenc, entreprise dont le patron de Norev, Joseph Véron, a fait partie.
La première miniature Norev n’apparaît qu’en 1953 : il s’agit de la Simca Aronde 9 modèle 1951, dont la fidélité des lignes apparaît d’emblée très convaincante grâce au caractère plus malléable du plastique par rapport aux alliages métalliques des modèles concurrents. Elle profite également d’une boîte individuelle, qui fait bientôt florès dans toute l’industrie. Ce premier succès entraîne la création d’une gamme à part entière, qui compte les modèles les plus populaires de l’époque : Ford Vedette, Citroën Traction Familiale et DS 19, Renault 4CV, Peugeot 403… La firme continue à se développer durant les années 60 et finit par créer une nouvelle usine à Villeurbanne. L’échelle des modèles est alors variable mais se rapproche du standard 1/43ème, tout comme les modèles de son concurrent Dinky Toys. Ils deviennent de plus en plus sophistiqués en recevant des parties ouvrantes, des glaces et parfois la direction.
Le virage vers le métal
À partir de la fin des années 60, Norev subit la concurrence de nouveaux venus dont Solido puis Majorette, dont les productions sont en Zamac. Norev finit par se convertir en partie à ce matériau, et crée plusieurs lignes de modèles : les « Jet Car » au 1/43ème en Zamac, les Mini Jet, concurrentes directes des Majorette à une échelle approchant le 1/64ème et les Plastigam qui perpétuent la fabrication en plastique, même s’il ne s’agit plus de Rhodialite. Cette dernière a en effet fait la preuve de son vieillissement aléatoire, les premières Norev souffrant de déformations selon leur exposition au soleil.
En 1986, le patron de toujours, Joseph Véron, passe la main à March Fisher, son gendre. Alors que les ventes de petites voitures s’essoufflent et que les productions se délocalisent en Asie dans les années 1990, Norev passe un nouveau cap, en s’adressant à un public de collectionneurs. Ces derniers, souvent des anciens utilisateurs de Norev devenus grands, demandent plus de détails. Les miniatures s’affinent, reçoivent de plus en plus de pièces rapportées, se glissent dans des boîtes plus luxueuses pour répondre à la demande, toujours au 1/43ème. Parallèlement, la marque produit des modèles pour les constructeurs automobiles vendus en boutique et passe, elle aussi, le cap de la délocalisation vers l’Asie pour sa production, même si elle reste encore et toujours française, contrairement à d’autres grands noms de la miniature.
Durant les années 2000, Norev suit les grandes tendances du marché de la miniature, avec l’avènement des collections en librairie et la réédition de modèles de marques anciennes comme CIJ, JRD et même les Dinky Toys, qu’elle fabrique pour les éditions Atlas. La marque se lance également pour la première fois dans les modèles de grande taille avec l’édition de la Citroën SM et DS 23 ie au 1/18 au tout début des années 2010, qui représentent un petit événement pour les amateurs. Aujourd’hui, Norev continue à connaître un grand succès grâce à son positionnement bien choisi, à mi-chemin entre les marques premier prix et le très haut de gamme. Ses miniatures conservent surtout des remarquables finesse et fidélité des lignes, une marque de fabrique depuis les débuts de l’entreprise. Une belle histoire française.








